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Relance du sainfoin

by ApliCom

Posted on juillet 25, 2019 at 04:08

 Une légumineuse, des legs lumineux

Vers la relance du sainfoin : une légumineuse, des legs lumineux

Présidente de la coopérative Sainfolia (Aube), Pascale Gombault s’investit depuis 10 ans dans la relance du sainfoin, notamment sous forme de granulés déshydratés. Les promesses sont fortes en nutrition animale, démédication, lutte contre les nématodes vecteurs du court-noué de la vigne. Sans oublier les vertus mellifères en culture. Mais les granulés se font encore rares car la coop veut achever de sécuriser la diversité de ses débouchés, en tonnages et en prix.

DE L’AUBE À L’AUDE

Ex-responsable commerciale dans la nutrition animale, Pascale Gombault cultive 165 ha de grandes cutures dont 20 ha de sainfoin. Elle exploite également une pépinière spécialisée dans les conifères nains. « J’ai investi dans cette activité de niche au début de mon installation en 2008 car il ne fallait pas être grand clerc pour voir que les aides ne feraient que baisser, tout était écrit noir sur blanc, y compris la libéralisation de la betterave sucrière ». Avec des associés, l’agricultrice se fait aussi viticultrice, dans les effervescents, non pas dans l’Aube mais dans l’Aude, plus précisément à Limoux où s’élabore la Blanquette et où ses parents avaient investi il y a plus de 40 ans.

Le sainfoin, on connait la légumineuse, pure ou associée dans des mélanges multi-espèces, et destinée à la production de fourrages, pâturés ou conservés. On connaît moins le sainfoin destiné à la production de granulés déshydratés. Ces deux modes d’exploitation ne sont pas sans rappeler une autre légumineuse, la luzerne. Mais les deux espèces ne jouent pas tout à fait dans la même campagne. Quand la luzerne déshydratée flirte avec les 65.000 ha, le sainfoin doit s’en contenter du 100ème. 550 ha exactement : c’est la sole développée par les 70 adhérents de la coopérative Sainfolia, basée à Viâpres-le-Petit (Aube). La sole est disséminée dans l’Aube, en Bourgogne et dans le Périgord. La filière est toute jeune : elle est née à la fin des années 2000, à l’initiative d’une poignée d’agriculteurs, dont Pascale Gombault. Celle-ci met alors un terme à une carrière de responsable commerciale dans la nutrition animale, pour reprendre l’exploitation familiale, en Champagne crayeuse. « Dans la région, le sainfoin faisait partie du paysage mais il avait fini par disparaître au profit des céréales et des cultures industrielles », explique l’agricultrice. « Au plan industriel justement, le sainfoin représentait potentiellement un complément d’activité pour la coopérative de déshydratation d’Arcis-sur-Aube (10), qui traitait de la luzerne et des pulpes de betterave. Malheureusement, cela n’a pas suffi et l’usine de déshydratation a fini par fermer ».

Vers la relance du sainfoin : une légumineuse, des legs lumineux

Une espèce compétitive

Pérenne mais pas trop, (deux à trois saisons), le sainfoin alors en place en a réchappé. Il faut dire que la légumineuse a des arguments : elle consomme très peu d’intrants, se satisfait de sols superficiels, supporte le sec et le froid mais craint en revanche les sols argileux, humides ou acides et goûte peu le piétinement (en cas de pâture). Côté productivité, on peut escompter entre 9 t/ha et 12 t/ha de matière sèche. Dans le cadre du GIEE « le sainfoin, une plante agroécologique », porté par Sainfolia, avec le soutien de la Chambre d’agriculture de l’Aube, douze exploitations font l’objet d’un suivi technico-économique pluriannuel. Résultats ? L’espèce domine le classement du secteur par la faiblesse de ses charges opérationnelles : 290 €/ha la 1ère année, 208 €/ha la 2ème. En marge brute, pour atteindre les 900 €/ha, niveau d’un assolement céréales, betterave, luzerne en Champagne crayeuse, le rendement seuil du sainfoin passe de 9 à 12 t/ha selon que le prix payé passera de 90 à 120 €/t. 9 t/ha de sainfoin à 120 €/t équivalent à un blé à 10 t/ha payé 150 €/t ou une luzerne à 13 t/ha payée 100 €/t. Conclusion : le sainfoin rivalise en marge nette avec les céréales et peut trouver sa place, à hauteur de 10% environ dans les assolements, y compris en présence de luzerne. C’est en outre un bon précédent pour le blé et une arme anti-salissement dans la rotation.

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