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Guyane. Nature, agriculture ou extractivisme ?

by ApliCom

Posted on mai 10, 2019 at 04:17

En Guyane, les groupes miniers préparent « la grande braderie » du territoire

En Guyane, les groupes miniers préparent «<small class="fine"> </small>la grande braderie<small class="fine"> </small>» du territoire

En dépit des mobilisations citoyennes, les compagnies minières sont plus nombreuses à demander et à obtenir des permis d’exploration aurifère. Parmi elles, des multinationales, aux aguets de l’arrivée historique de l’exploitation industrielle de l’or guyanais.

Le 25 mars dernier, le Premier ministre, Édouard Philippe, interrogé sur le projet de la Montagne d’or, déclarait dans les colonnes du quotidien France-Guyane que « l’avenir de la filière aurifère en Guyane ne peut pas, ne doit pas dépendre du sort d’un seul projet ». Le projet d’exploitation d’une mine industrielle sur le site de la Montagne d’or par un consortium russo-canadien rencontre une opposition croissante. Des élus ont rejoint cette contestation, comme le député guyanais Gabriel Serville, qui a récemment déposé à l’Assemblée nationale une proposition de résolution visant à interdire l’utilisation du cyanure dans l’industrie minière. La mobilisation contre la Montagne d’or et sa médiatisation pourraient contrecarrer l’ouverture de cette mine, mais les compagnies extractives et l’État français n’abandonnent pourtant pas l’idée d’une exploitation industrielle de l’or guyanais.

« Depuis 2016, tout s’est accéléré », souligne un ingénieur de l’association SystExt, qui tient à jour Panoramine, une carte recensant les permis miniers en France. Il dénombre douze demandes de PER (permis exclusifs de recherche) entre 2011 et 2015 contre seize demandes entre 2016 à 2018. De 2011 à 2015, onze PER ont été accordés en Guyane, quatorze entre 2016 et janvier 2019. « Cela s’intensifie », confirme l’ingénieur.

Philippe Boré, membre du collectif Or de question créé pour lutter contre le projet de la Montagne d’or, raconte avoir pris récemment conscience de l’ampleur du phénomène. « Le débat public nous a permis d’obtenir des chiffres dont nous n’avions jamais eu communication jusque là », à savoir qu’en mai 2018 près de 300.000 hectares étaient déjà concernés par des activités d’extraction ou des projets de recherches minières. « Nous avons été stupéfaits par l’importance de la surface mais, pris dans l’agitation du débat public sur le projet Montagne d’or, nous n’avons pas été plus loin dans l’investigation », explique le militant.

« Un grand débat aurait dû sceller le choix des peuples de Guyane de refuser l’industrialisation aurifère de notre territoire »

Rien que le 9 avril 2018, alors que le débat public sur la Montagne d’or battait son plein étaient mises à la consultation du public six demandes de PER, dont trois portées par Newmont et une par Nord Gold. Cette dernière, détenue par un oligarque russe, est l’actionnaire principal de la Compagnie de la Montagne d’or, porteuse du projet éponyme qui était alors en pleine discussion.

« Les citoyens guyanais opposés au pillage de notre patrimoine par des multinationales doivent repartir à zéro pour informer la population », sur les murs de Cayenne, en avril 2019.

Signe que l’opposition des habitants ne fait pas renoncer les compagnies minières, la société Iamgold, bien connue en Guyane, y détient aujourd’hui quatre permis d’exploration. Il y a une dizaine d’années, Iamgold avait un projet de mine industrielle sur la Montagne de Kaw auquel une mobilisation citoyenne avait mis un terme. À ce moment, « un grand débat aurait dû sceller le choix des peuples de Guyane de refuser l’industrialisation aurifère de notre territoire. Mais rien n’a été fait à ce sujet », relate Philippe Boré, qui avait participé à cette mobilisation : « Les citoyens guyanais opposés au pillage de notre patrimoine par des multinationales doivent repartir à zéro pour informer la population de la grande braderie qui se déroule à nouveau. »

En septembre 2016, la Fédération des opérateurs miniers de Guyane (FEDOMG) présentait un calendrier des grands projets miniers de Guyane, lors d’une conférence sur le modèle économique de la Guyane organisée par l’Agence française de développement dans les locaux de la collectivité territoriale. Après la mine de la Montagne d’or, elle prévoyait l’exploitation industrielle à l’horizon 2023-2024 de deux autres sites de l’Ouest guyanais, dénommés Espérance et Bon Espoir. Des permis d’exploration y sont actuellement délivrés à des multinationales de l’or, parfois masquées derrière d’autres sociétés. « Tout se complique pour l’écocitoyen », commente Philippe Boré.

Après un projet minier avorté, Iamgold est de retour en Guyane (avril 2019).

En février 2019 était ainsi publiée une mise en concurrence entre la demande du « permis crique Awa » déposée par la société Nord Gold Guiana SAS et la demande du « permis Espérance Sud » déposée le 17 décembre 2017 par la société Takari Mining. Derrière un mot aux sonorités on ne peut plus guyanaises — un takari est la perche servant à l’avant d’une pirogue — se trouve en fait l’une des plus grandes compagnies aurifères au monde : Newmont, comme l’explique la demande de permis adressée par Takari Mining au ministre chargé des mines le 12 décembre 2017. « La société Takari Mining est détenue à 50 % par la société CME [Compagnie minière de l’Espérance] et à 50 % par la société Newmont Overseas Exploration Limited, filiale à 100 % de Newmont Mining Corporation. »

Autre société derrière laquelle se cache Newmont : la compagnie Armina ressources minières également dans la course aux permis d’exploration qui se joue actuellement en Guyane. Cette dernière est le résultat d’une coentreprise entre Newmont et la compagnie Auplata dans le but de mener les campagnes d’exploration des PERd’Iracoubo-Sud et de Bon Espoir. Auplata explique sur son site internet que les dépenses d’exploration engagées par la multinationale jusqu’à douze millions de dollars permettent « à Newmont de porter sa participation dans la coentreprise jusqu’à 75 %, Auplata conservant les 25 % restants ».

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