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Les 10 Ans de l’APLI NATIONALE

by ApliCom

Posted on août 08, 2019 at 09:43

La grève du lait

Voilà cinq jours qu’ils jettent leur lait pour preserver les quotas et défendre leur revenu. Les producteurs de lait de la région, mais aussi de toute la France, en sont arrivés là, à préférer jeter le lait que de laisser les coopératives ou les entreprises spécialisées venir le recueillir. Si c’est un crève-cœur pour la grande majorité d’entre eux, ils restent persuadés que si rien ne bouge, ils disparaîtront.

Alors, ils multiplient les actions symboliques comme la distribution gratuite de lait lors de différents marchés ou, comme hier, dans le Tarn, la suppression pure et simple de toute bouteille de lait des rayons des grandes surfaces, en accord avec leurs revendications.

« Tant que les négociations n’auront pas commencé, nous continuerons notre mouvement», explique Sylvie Verger, responsable lot-et-garonnaise de l’APLI (Association des Producteurs de Lait Indépendants) à l’origine de cette grève inédite. « Nous venons de recevoir les premières lettres recommandées émanant de nos acheteurs qui essayent de nous intimider. C’est déjà le cas ailleurs, ça commence dans la région. » poursuit Sylvie Verger.

Mardi, lors de l’inauguration du salon de l’élevage à Rennes, alors que le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire annonçait le déblocage « immédiat » de 30 millions € pour les éleveurs les plus défavorisés, Jean-Michel Lemétayer, le patron du premier syndicat agricole français – la FNSEA, hostile depuis le début à ce mouvement – était pris à partie par les éleveurs mécontents. Sentant son hégémonie remise en cause par une grande partie des agriculteurs, la FNSEA rebondissait hier en proposant une journée nationale de mobilisation, une tentative pour remobiliser ses troupes, une sorte de remise en cause. Pas de réaction hier du côté de l’APLI, la Confédération Paysanne ou encore le Modef à l’origine de cette grève où le mot d’ordre reste le même en attendant les « nouvelles propositions » que doit dévoiler aujourd’hui Mariann Fischern la commissaire européenne à l’Agriculture.


Ariège : la pénurie frappe les fromageries

Après des débuts timides, la grève du lait fait tâche d’huile en Ariège : elle touche désormais un tiers des élevages et environ 40 % des volumes, certains des grévistes étant, justement, d’importants producteurs. La grève de lait convainc de plus un nombre croissant d’éleveurs : « Nous avons enregistré, ces derniers mois, une trentaine d’adhésion pour la centaine de producteurs que compte ce département, confie Christian Lavigne, président de l’association des producteurs indépendants, éleveur en Basse Ariège. Nous avons fait des réunions qui ont été très suivies, jusqu’à 70 personnes à Saverdun ».

Du côté de Saint-Girons, la fromagerie Faup, qui fabrique notamment le fameux Bethmale, a été touchée dès les collectes de dimanche soir par cette grève du lait décidée, vendredi, par une vingtaine de producteurs de lait cru. La production a fortement chuté en début de semaine, les salariés de l’entreprise découvrant, à leur prise de poste, l’impossibilité de se mettre au travail. Son directeur, Didier Lemasson, regrette une décision qui met à mal les accords de filière et s’interroge sur l’efficacité de ce mouvement. De son côté, Christian Lavigne, qui réunissait hier soir les producteurs indépendants à Lescousse, relève que l’association, désormais, peut siéger à la table des négociations, à Paris comme à Bruxelles. Mais il l’admet : « Le plus dur, ce sera de tenir les gens dans la durée ».


Va-t-on manquer de lait ?

Il est vrai que la question peut se poser mais selon, Jérôme Badin, directeur du site Euroserum à Montauban, spécialisée dans la production de poudre infantile, « la question n’est pas encore à l’ordre du jour. Par contre c’est vrai que nous connaissons une baisse d’activité et je crains plus, en ce moment d’être obligé de mettre au chômage technique certains de mes salariés, car nous travaillons 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, et le manque d’approvisionnement ne nous permet pas de tenir ces cadences. »

Par contre, à plus ou moins long terme, le responsable du site montalbanais, qui emploie une centaine de salariés, n’exclut pas des difficultés beaucoup plus importantes si le mouvement de grève devait perdurer.

« Nous travaillons à flux tendu, le lait liquide ne se conserve pas, et nos clients, et si nous ne pouvons plus les livrer, peuvent aller voir ailleurs en Europe, et rompre les contrats que nous avons avec eux. »


« C’est un crève-cœur pour nous »

Depuis une semaine, la grève des livraisons de lait s’installe en Lot-et-Garonne. Anecdotique dans les premiers jours, le mouvement a pris de l’ampleur depuis lundi avec des déversements dans le nord, à Fumel et Villeneuve, des blocages de camions. Hier matin, sur le marché d’Agen, les militants de la Coordination rurale et de l’association des producteurs indépendants (APLI) ont préféré offrir le lait que le jeter au ruisseau. Un geste apprécié par les Agenais. Annick Sabadini, éleveur près d’Agen, qui a déversé 1 200 litres dans sa ferme lundi matin, s’est fait une joie d’offrir une partie de sa production aux chalands du marché.

Dans le Gers, selon Laurent Theye, délégué départemental de l’APLI environ 40 % des 250 producteurs participent au mouvement. Mais ici le syndicat FDSEA/JA est encore « fort » et ses affiliés refusent en majorité pour l’heure, de participer à « la grève du lait ». Maire d’Ornézan, Etienne Savary témoigne : « Depuis jeudi dernier, je répands 1 200 litres par jour. C’est un crève-cœur mais tant que les industriels ne seront pas à sec, il n’y aura pas de négociations ».

La guerre des chiffres en Aveyron. L’Association des producteurs de lait indépendants (APLI) assure qu’un éleveur sur deux a cessé ses livraisons à l’industrie. Les transformateurs, dont Lactalis et Sodiaal, démentent ces chiffres, qu’ils ramènent à des proportions quasi confidentielles : 1 % selon Lactalis. L’APLI, par la voix de Bernard Blanc, stigmatise « la campagne de désinformation » mise en œuvre par l’industrie avec, accuse-t-il, le concours actif de la FDSEA appelé « le vieux syndicat ». Hier, le responsable de la FDSEA, Dominique Fayel, a redit qu’il ne « croit pas à la grève ». Il a expliqué au préfet de région, lequel a visité deux exploitations sur le Ségala, qu’il est nécessaire de soutenir les trésoreries, bien au-delà du secteur laitier. Il a aussi appelé à une régulation du marché.

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