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Le Gers au SIA

by ApliCom

Posted on février 25, 2019 at 04:59

A Paris, lors du salon, le Gers va célébrer son terroir

Chantal et Daniel Oreja , producteurs de foie gras, exposent au salon depuis 20 ans./ PhotoDR

Comme chaque année, du 23 février au 3 mars, les agriculteurs gersois ont rendez-vous à Paris pour le salon international de l’agriculture. Pour cette nouvelle édition, le foie gras sera mis à l’honneur, mais aussi l’armagnac et le vin.

Une mise en scène comme un pied de nez. Il n’y avait pas de Carnaval hier dans les rues de Tarbes, après que la mairie a annulé l’événement pour des raisons de sécurité. Point de Monsieur Carnaval dans le box des accusés, mais à la place, c’est «Monsieur capitaliste, associé chien de garde et premiers de cordée» qui s’est présenté, place Verdun, devant le jury populaire, composé de 700 gilets jaunes, soit une mobilisation en retrait par rapport à la semaine précédente (plus d’un millier de manifestants).

Pour l’occasion, certains des gilets jaunes étaient venus déguisés. «On est toujours motivé. On se bat pour ceux qui sont dans la difficulté» explique Julien qui part rejoindre le cortège toulousain dans l’après-midi. Pancarte «droit à la vie pas à la survie» au poing, Françoise, en préretraite, se bat «pour ses enfants et petits-enfants, pour qu’ils aient de meilleures conditions de vie, une meilleure scolarité et des services publics toujours présents. Ça fait deux ans que je suis dans un placard professionnellement. Après le burn-out, j’ai connu le bord out. Je ne veux pas qu’ils connaissent ça.»

Adossé à la fontaine, M. Capital était en équilibre précaire, sa tête ne tenant qu’à un fil. «Vous êtes accusés d’abus de bien social, de vol et d’escroquerie en bande organisée, a déclaré Florent Attali, grimé en procureur. Depuis trop longtemps vous vous êtes accaparé les fruits de notre travail. Vous avez laissé s’installer la pauvreté et la misère, mis à terre nos écoles, détruit nos hôpitaux. Vous avez trahi les valeurs fondatrices de la République.» Et d’enchaîner, un brin goguenard, face au mécontentement de la foule : «Silence où je demande à la police, que vous avez dressée contre son peuple, de faire évacuer la place Verdun ! Vous êtes aussi accusé d’écocide. À crimes exceptionnels, châtiment exceptionnel.» Aussi, la tête de M. Capital aura cédé sous la pression populaire. Ravissant une foule qui en a retiré ses gilets jaunes, pour mieux les empoigner : «Peuple de Bigorre vous avez le pouvoir. Il est venu le temps où nous briserons les chaînes de l’argent roi !»

Une mise en scène ironique et festive qui aura plu («c’était vraiment un super moment» sourit Monique) sans toutefois convaincre tout le monde, révélant des dissensions au sein du mouvement. «On mélange un peu tout, regrette un manifestant qui en a retiré son gilet. On n’est pas là pour faire la fête mais dans un combat, avec des revendications. Le mouvement perd de sa force. On est moins que la semaine dernière. Et c’est dommage.»

À l’issue de ce procès, les manifestants ont défilé, dans le calme, dans les rues du centre-ville de Tarbes. Le soir, certains devaient rejoindre le cortège palois. Quelques-uns avaient prévu de revenir place Verdun, même si aucune nocturne n’était prévue.

Andy Barréjot

SUITE…

 

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