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Le Bio & le lisier

Posted on juillet 12, 2019 at 04:52

Halte au lisier sur terres bio

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Les effluents d’élevage des systèmes sur caillebotis ou en cage ne pourront plus être utilisés sur des terres en agriculture biologique. Cette nouvelle réglementation française peut-elle freiner la bio?

En décembre dernier, le Comité national de l’agriculture biologique (Cnab) a tranché. Les lisiers d’élevages porcins conventionnels et les fientes de poules en cage ne seront plus autorisés chez les bio. Problème, 80 % des fertilisants normés du commerce, actuellement utilisés sur des terres en bio, sont concernés. Ils sont à base, au moins en partie, de ces effluents interdits. Les fournisseurs d’amendements devront revoir leur copie. Le lisier de porc sur caillebotis n’est pas le seul concerné. Celui des veaux et des canards est également exclu. Les matières issues de centrifugeuses, les digestats de méthanisation et les fientes de certains élevages de volailles subiront le même sort. Même si cette mesure était envisagée depuis longtemps, son impact se dessine seulement aujourd’hui.

« Cette décision, prise par quelques individus sur le coin d’une table, sans aucune concertation avec d’autres membres de la filière, est grave », assure Olivier Péan, directeur de Terrial, fournisseur d’amendements. « Elle ne va pas priver l’agriculture biologique de fertilisants ; les producteurs les achèteront en Belgique, en Espagne ou ailleurs. Les mêmes produits, mais plus chers et fabriqués à l’étranger. Il y a un problème d’équité entre entreprises de l’Union européenne ».

1/3 de la sole de blé bio

Une enquête réalisée chez les 14 sociétés adhérentes de l’Afaïa (fabricants de fertilisants organiques) montre que les disponibilités en azote pour les terres cultivées en bio seront divisées par 7, avec une perte de l’ordre de 4 800 t, et celles en phosphore divisées par 9, avec perte de l’ordre de 5 000 t. Ces minéraux, produits en France, permettent de fertiliser 50 000 hectares de blé, soit environ un tiers de la sole française de blé bio. Le marché s’en ressent déjà. « Certains produits, comme les poudres de plumes, de cornes ou d’os ont pris 10 % ». La décision du Cnab est d’autant plus incompréhensible, pour Olivier Péan, que « l’Europe envisage de revoir le cahier des charges de la bio en 2021. Pourquoi ne pas avoir attendu ? ».

Légumes locaux

Jean-Marc Onno, co-gestionnaire d’Arvor Compost qui produit 7 000 tonnes de compost chaque année, en partie à base des lisiers d’une dizaine d’élevages du secteur d’Evellys (56) s’inquiète pour sa structure mais aussi pour ses clients : « 80 % de nos clients sont en bio, essentiellement en maraîchage. Ils achètent 65 % de notre production. Nous pourrions éventuellement produire un compost uniquement à partir de déchets végétaux mais il serait moins riche et coûterait trois fois plus cher ». Dominique Le Crom, producteur de lait bio, achète ce compost et des fientes : « Mon système serait remis en cause si je ne pouvais plus acheter ces fertilisants, produits localement ». Plus globalement, il s’interroge : « Comment nourrir des pondeuses et répondre à la demande sociétale d’œufs bio, si on met des freins à la production de blé en France ? ». Bruno Jehanno, à la tête d’une ferme mixte (50 ha en légumes bio, 110 ha en céréales conventionnelles et atelier porc naisseur engraisseur), abonde : « Je livre des légumes bio à d’aucy qui cherche à développer ce créneau. Comment faire pour fertiliser ces 50 hectares et répondre à leur demande ? ».

Des députés alertent

Dans l’immédiat, une dizaine de députés bretons ont interpellé le ministre de l’Agriculture, par courrier du 2 mai dernier. Ils s’interrogent sur la pertinence de l’évolution de la réglementation à une période où la demande de produits biologiques est en forte augmentation. Elle ne faiblira pas dans les prochaines années compte tenu de la loi Égalim qui exige 20 % de produits bio dans la restauration collective d’ici 2022. Il serait préférable qu’ils soient français…

Suite…

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