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L’affaire tournesol

by ApliCom

Posted on juin 16, 2019 at 04:23

Une insurrection biologique contre les nouveaux OGM

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Dans l’Hérault, les semenciers démultiplient des tournesols devenus résistants aux herbicides. En lançant « l’Affaire tournesol », des militants locaux tentent, en disséminant des graines biologiques, de « contrecarrer » la production de ces OGMd’un nouveau genre, qui croissent dans une faille de la législation européenne.

  • Il y a foule ce samedi 1er juin dans les rues de Lodève. C’est jour de marché, et les étals débordent de fruits et légumes ensoleillés. Sous un grand parasol, Antoine vend radis, fraises et salades fraîchement cueillies. À ses côtés, Jean-Claude distribue des petits sachets colorés aux clients. « Ce sont des graines de tournesol bio, que vous pouvez semer près de chez vous, pour contrecarrer la production de nouveaux OGM », explique-t-il aux curieux.

L’idée est simple : une fois fleuris, les plants bio attirent abeilles et bourdons, qui transportent ensuite les pollens butinés vers d’autres tournesols, dont certains sont des « variétés rendues tolérantes aux herbicides » (abrégées en VrTH). Autrement dit, des plantes dont les gènes ont muté sous l’effet de l’exposition à un pesticide [1]. Ainsi pollinisés par les gamètes des tournesols bio, ces OGM donneront des graines en partie « contaminées » (par les fleurs bio), qui ne pourront plus être vendues par les semenciers, car leur ADN sera considéré comme « impur ».

Antoine et Jean-Claude.

L’opération, dénommée « l’Affaire tournesol » — un clin d’œil à une bédé de Tintin — a débuté au début du mois de mai dans l’Hérault. « Le département est une zone de production de semences de tournesol », explique Antoine, membre du collectif à l’origine de l’action. Des entreprises semencières, RAGT ou Syngenta, passent des contrats avec des agriculteurs-multiplicateurs [2], qui cultivent ces fleurs herbicides pour en récolter les graines, ensuite contrôlées et vendues comme semences « tolérantes aux herbicides »RAGT commercialise ainsi deux variétés de tournesol sous la marque Clearfield, une « technologie » brevetée par le géant agrochimique BASF.

« On détruit tout, ça donne envie de pleurer »

Combien de surfaces sont-elles concernées « Impossible à savoir, il n’y a pas de chiffres, pas d’information, c’est très opaque », regrette le maraîcher. Contactée, RAGTnous a envoyé vers l’Union française des semenciers (UFS), l’organisation de ces professionnels, indiquant que « face à ces actions [de semis de plants bio], les semenciers souhaitent parler d’une seule voix ». L’UFS n’a pas pu nous répondre dans les délais impartis.

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