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La mouche géomyze

by ApliCom

Posted on octobre 25, 2019 at 04:30

Nouveau risque sur maïs

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Le taupin est habituellement le principal ravageur des maïs en Bretagne. Le profil climatique de l’année 2016 n’a pas favorisé les attaques, mais c’est la mouche géomyze qui a fait l’actualité. Retour sur un phénomène jamais observé avec cette ampleur dans la région.

À partir de fin mai, des dégâts importants dus à la mouche géomyze sont observés sur les maïs en cours de levée, jusqu’à 3-4 feuilles. La Bretagne est la plus touchée, mais les régions voisines sont aussi concernées : Pays de la Loire, Normandie et même un peu en région Centre, dans les zones d’élevage. Ce ravageur est bien connu dans la région, mais les attaques restent habituellement très localisées dans les secteurs froids et bocagers. Vu l’ampleur des dégâts, une enquête auprès des producteurs a été  menée dans le cadre du Bulletin de santé du végétal par la Chambre régionale d’agriculture et Arvalis, avec la participation des distributeurs pour la diffusion.

Des facteurs climatiques prépondérants

L’enquête révèle des dégâts répartis de façon quasi uniforme sur la région, avec des niveaux d’attaques parfois très importants dans les situations non protégées par un traitement de semences efficace. L’itinéraire cultural n’apparait pas déterminant dans l’expression des dégâts. En effet, toutes les dates de semis sont concernées, la présence d’un engrais starter ne modifie pas les attaques. Les caractéristiques de la parcelle (exposition, présence de haies, type de sol…) n’expliquent pas non plus l’ampleur des dégâts.

Dans certaines parcelles touchées, on a observé des redémarrages de plantes. Ces plantes ont produit du grain, mais pas suffisamment pour compenser les pertes de rendement.
Dans certaines parcelles touchées, on a observé des redémarrages de plantes. Ces plantes ont produit du grain, mais pas suffisamment pour compenser les pertes de rendement.

Restent donc les facteurs climatiques pour tenter d’expliquer le phénomène. Une certitude, l’hiver 2015/2016 exceptionnellement doux, avec très peu de jours de gel, n’a pû qu’être favorable à la survie de nombreux insectes ravageurs. Mais cela ne peut tout expliquer, car les hivers doux sont assez fréquents depuis quelques années. Les conditions du printemps ont donc également dû convenir au développement de l’insecte. L’humidité du mois de mars, puis la succession de périodes froide fin avril et plus chaude en mai auraient favorisé la pupaison, transformation de la larve en mouche adulte, puis les vols. Dernier élément explicatif, la synchronisation entre le vol abondant de mouche et le stade le plus sensible du maïs vis-à-vis des mouches, entre la levée et 3-4 feuilles. En effet, les semis ont été assez groupés, sur la première quinzaine de mai cette année, et la majorité des parcelles étaient à ce stade sensible à la fin du mois de mai.

Symptôme typique suite à une attaque de mouche géomyze au stade 3-4 feuilles. La plus jeune feuille est desséchée, les deux premières feuilles restent vertes.
Symptôme typique suite à une attaque de mouche géomyze au stade 3-4 feuilles. La plus jeune feuille est desséchée, les deux premières feuilles restent vertes.

Bilan des attaques

On peut estimer qu’au moins une parcelle sur deux ayant subi des attaques d’intensité plus ou moins forte, environ 20 % de la surface totale régionale (soit près de 100 000 ha) a subi des dégâts significatifs. Les resemis ont été relativement peu nombreux eu égard aux constats faits sur les parcelles début juin. Ils n’ont, en général, pas permis de faire mieux que les parcelles non resemées. Le redémarrage des plantes attaquées a permis de réduire l’impact dans certaines parcelles. Il faut noter que cette réaction de la plante n’avait pas été observée dans le passé. Une plante attaquée  par la mouche géomyze est généralement bloquée à son stade d’attaque et disparaît le plus souvent.

Dans les parcelles non protégées, les pertes de rendement sont estimées entre 10 et 50 %. L’impact est plus fort en production de grain qu’en maïs fourrage (voir tableau, essai réalisé à Bignan).

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