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by ApliCom

Posted on septembre 29, 2019 at 04:53

Changement climatique et pesticides : un alibi pour dérèglementer les OGM ?

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Les lettres de mission des futurs commissaires et le programme de travail de la Commission européenne, présidée par Ursula von der Leyen, sont publics. Et malgré un intense lobby industriel exercé depuis plusieurs mois pour que la législation sur les OGM soit modifiée, ce dossier n’est pas nommément cité dans ces documents. Pourtant, il devrait bien être au programme, « caché » dans des objectifs louables comme la réduction de l’utilisation des pesticides et la lutte contre le changement climatique.

Changement climatique et pesticides : un alibi pour dérèglementer les OGM ?

Photo de Patrick Hendry

Le choix des mots est important en politique. En cela, le programme présenté par Ursula Von Der Leyen en tant que prochaine Présidente de la Commission européenne est parlant. Daté du 16 juillet 2019, il ne contient aucune expression comme « organismes génétiquement modifiés », ou « génétiquement édités » – cette dernière expression pourtant adoptée par l’ancienne Commission européenne pour parler des nouvelles techniques de modification génétique – ni même le mot « biotechnologie ». Une absence qui se retrouve dans les lettres de mission adressées le 10 septembre 2019 aux potentiels futurs Commissaires, lettres qu’Inf’OGM a déjà présentées dans un précédent article [1].

Un « Pacte vert pour l’Europe » : les OGM en toile de fond ?

Ursula Von Der Leyen a présenté en juillet dernier six priorités qui orienteront l’action politique de la Commission pour la période 2019 – 2024. La première d’entre elles est un « Pacte vert pour l’Europe  » qui vise à faire de l’Europe « le premier continent climatiquement neutre  » [2]. Un pacte qui sera discuté, selon Ursula Von Der Leyen, dans les cent premiers jours de son mandat, mais dont les grandes lignes sont déjà décrites. On peut ainsi lire que « changement climatique, biodiversité, sécurité alimentaire, déforestation et détérioration des sols » sont des sujets qui vont de pair et qu’il est nécessaire de « changer la manière dont nous produisons, dont nous consommons et dont nous commerçons (…) [et de] fixer de nouvelles normes de biodiversité qui s’appliquent horizontalement dans le commerce, l’industrie, l’agriculture et la politique économique ».

Plusieurs programmes composent ce Pacte vert. La Présidente de la Commission propose ainsi une stratégie en matière de biodiversité à l’horizon 2030 avec notamment comme objectif que « l’Europe soit en pointe à la Conférence des parties (COP) à la convention sur la diversité biologique de 2020 ». Si Ursula Von Der Leyen ne donne pas plus d’indication, il faut se rappeler qu’en 2018, à Charm El Cheikh [3], la COP avait justement discuté des nouvelles techniques de modification génétique, de la biologie de synthèse ou encore de la numérisation des ressources génétiques. Des discussions qui devraient en toute logique reprendre en 2020 et sur lesquelles l’Europe devra avoir donc des propositions si elle ambitionne d’être «  à la pointe » de la COP…
Un autre programme pourrait concerner le dossier OGM, celui d’une stratégie pour l’agriculture, nommée « de la ferme à l’assiette  ». Ce dernier a comme ambition «  une alimentation durable à tous les stades de la chaîne de valeur » qui vise à « protéger le travail essentiel que réalisent nos agriculteurs pour fournir aux Européens une alimentation riche, abordable et saine ». Si la production biologique est mentionnée à titre d’exemple dans la lettre de mission adressée au Commissaire à l’agriculture pour que « le secteur agro-alimentaire améliore la durabilité de la production alimentaire  » [4], le cadre de travail annoncé vise surtout à ce que « dans les cinq années à venir, [la tâche du Commissaire soit] d’assurer que le secteur agricole continue à tenir ses engagements tout en l’appuyant pour qu’il s’adapte aux changements climatiques, démographiques et technologiques ».
Dernier programme qui peut avoir recours aux OGM, une stratégie qui sera proposée par la Présidente de la Commission dans l’objectif d’arrêter progressivement toute pollution, avec notamment une attention particulière pour contrôler « les produits chimiques dangereux, les émissions industrielles, les pesticides et les perturbateurs endocriniens ». Quand on se rappelle que les OGM transgéniques furent de longue date promus comme permettant de réduire l’utilisation de pesticides – sans que cela ne soit concrètement avéré dans un pays comme les États-Unis par exemple [5] -, un tel objectif pourrait de même servir à promouvoir un besoin de déréglementer les produits issus des nouvelles techniques de modification génétique.

Le numérique concerne l’agriculture

Outre la priorité d’un pacte vert pour l’Europe, une autre des six priorités affichées par Ursula Von Der Leyen concerne également l’agriculture, celle d’une « Europe adaptée à l’ère du numérique  ». Concernant cet objectif, il est en effet annoncé que « les données et l’intelligence artificielle sont les ingrédients de l’innovation qui peuvent nous aider à trouver des solutions aux enjeux sociétaux actuels, que ce soit dans le domaine de la santé ou de l’agriculture… ». La numérisation des génomes serait-elle concernée ? Les pays signataires de la Convention sur la Diversité Biologique ont en tout cas déjà abordé ce sujet en 2018 à Charm El Cheikh [6] et devraient continuer leurs discussions en 2020.

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