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CR. le syndrome de Stockholm

Posted on juillet 02, 2019 at 08:30

Des agriculteurs atteints par le syndrome de Stockholm

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armandp

Seulement 46.5 % des inscrits aux élections des Chambres d’agriculture 2019 ont déposé leur bulletin dans les urnes. La majorité de cette minorité a confirmé à nouveau sa dépendance au syndicat FNSEA/JA.

Cette confirmation, élection après élection, de donner tous les pouvoirs au syndicat majoritaire depuis 73 ans a toutes les caractéristiques du syndrome de Stockholm. Cette anomalie comportementale se traduit par une empathie de la part des victimes d’enlèvement ou de manipulationenvers leurs geôliers ou leurs tortionnaires.

En l’occurrence, il s’agit bien de manipulation. Ce syndicat, présent au sein du COPA-COGECA à Bruxelles participe à l’élaboration des directives européennes qui imposent progressivement plus de contraintes aux agriculteurs. Il prédomine aussi dans les commissions et dans les discussions parisiennes qui aboutissent bien souvent à un sur-ajout de critères aux contraintes de Bruxelles.

Mais bien évidemment, ces détails ne redescendent pas à la base de leurs adhérents, que l’on persuade des actions défensives des leurs mandataires.

Un exemple concret : la crise du lait de 2009, qui a engendré la création de l’APLI (Association des Producteurs de Lait Indépendants) a fait l’objet d’une campagne médiatique conséquente durant tout l’été, orchestrée par cette association. Devant le résultat positif en matière de communication, la FNSEA/JA ne pouvait rester inactive. Le 16 octobre 2009, le syndicalisme majoritaire organise une vingtaine de manifestations dans les capitales régionales. Des dizaines de milliers d’agriculteurs vont défiler « pour défendre leur avenir » (1). (52.000 agriculteurs dans les rues (FNSEA et JA) pour un plan de relance de 1,4 milliard d’euros).

Ainsi, magnanime, le syndicat majoritaire apparaît comme le défenseur des éleveurs, alors que la FNPL, sa section spécialisée lait avait signé le 3 juin 2009 un accord avec les coopératives et les industriels (2) pour un prix moyen de 280 € les mille litres, prix inacceptable et très en dessous du coût de production, qui a déclenché la révolte des éleveurs.

On peut aussi citer l’action de la FNSEA/JA de blocage des raffineries le 10 juin 2018 sous le slogan « non à l’huile de palme, oui au colza » pour lutter contre l’importation d’huile de palme qui fait concurrence au colza et au tournesol dans la fabrication de diester. Mais pas un média, ni aucun des dirigeants du syndicat ne dit mot sur l’importation annuelle de 200 000 tonnes d’huile de palme par le groupe AVRIL (3), dont feu Mr Xavier BEULIN fut Président simultanément avec son mandat de Président de la FNSEA !

On peut également s’interroger sur la gestion de la MSA. Les décisions des conseils d’administration, où la FNSEA/JA est majoritaire de manière hégémonique (4), ont validé des inégalités révoltantes dans la manière de traiter les exploitants non-salariés et leurs salariés :

Les cotisations vieillesse annuelles des non-salariés sont calculées sur une assiette minimum de 600 à 800 SMIC, même si leurs revenus sont nuls ou négatifs. Imaginons appliquer ce principe aux salariés ? ! Il suffit de visualiser le tableau suivant pour constater la discrimination :

tableau_cotisations_MSA

La CGB, Syndicat betteravier de la FNSEA a largement participé à la création de TEREOS, qui depuis son rachat de BEGHIN-SAY, privilégie l’investissement dans des structures de production concurrentes de sucre de canne à la distribution des bénéfices à ses planteurs-coopérateurs français de betteraves sucrières.

On pourrait aussi trouver de nombreuses contradictions dans la gestion des coopératives, du Crédit Agricole entre les décisions imposées par une majorité de membres décisionnaires FNSEA et l’intérêt des adhérents. On peut aussi constater la mise en place, avec la « bénédiction » de la FNSEA/JA, de l’obligation du CERTIPHYTO. Les agriculteurs avaient depuis des décennies démontré leur capacité à intégrer les progrès technologiques et n’avaient nul besoin de cette formation obligatoire payante pour être capables d’utiliser les produits phytosanitaires à bon escient et avec parcimonie. Mais cette mesure a permis de « rentabiliser » les services des Chambres d’agriculteurs, majoritairement gérées par la FNSEA/JA.

La puissance de la FNSEA et sa possession de nombreux médias lui permet de peser de manière insidieuse et efficace sur la perception de sa politique agricole. Il en résulte que son objectif de « vocation exportatrice » impose aux agriculteurs français de produire à des cours mondiaux, bien au-dessous de leurs coûts de production.

Il est curieux de constater que devant une telle situation, illustrée par une disparition drastique des exploitations, nombre d’agriculteurs pensent encore subsister en tentant de rentabiliser leurs investissements en phagocytant les terres de leurs voisins.

Il est incompréhensible qu’une majorité d’agriculteurs continue de donner une majorité et un pouvoir sans limites à un syndicat qui les enfonce chaque jour un peu plus dans une dépendance économique mortifère. LA FNSEA, en assoyant sa politique sur le partage du revenu agricole par un nombre d’agriculteurs en régression pour maintenir la part de chacun, a transformé les agriculteurs en minorité électorale victime d’une opinion publique exigeante et destructrice.

Il est patent que la FNSEA/JA est championne en matière de communication et de démagogie, à tel point qu’une majorité d’agriculteurs l’absolvent des contraintes et des difficultés qu’ils subissent, que non seulement elle ne combat pas, mais que souvent elle génère.

Les abstentionnistes ont eu un comportement défaitiste, qui ne les protégera pas des actions délétères du syndicat majoritaire.

Les agriculteurs sont-ils aveugles, endormis ou masochistes ? Que faut-il faire pour les réveiller ?

Armand PAQUEREAU
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