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Agriculture urbaine (suite)

by ApliCom

Posted on juin 26, 2019 at 04:22

Paysans en Île-de-France : histoire d’une reconquête

Paysans en Île-de-France : histoire d'une reconquête

Avant qu’elle ne soit intensément urbanisée, l’Île-de-France était parsemée de terrain maraîchers. Si les exploitations ont (presque) disparu au fil des décennies, aujourd’hui, l’agriculture urbaine plait et de nouveaux paysans s’installent. Un défi demeure : trouver un modèle économique.

Il y a 30 ans, le mensuel papier de Reporterre publiait un article intitulé « Les paysans de Paris ». Se rendant auprès des maraîchers de Stains, Bobigny ou Saint-Denis, il proposait un « état des lieux avant disparition », constatant que les dernières parcelles de terre noire disparaissaient sous les coups des bulldozers. Trente ans après, ces paysans ont effectivement – presque – tous dû quitter les abords de la capitale. Mais des paysans d’un nouveau genre investissent le bitume.


  • Aubervilliers, (Seine-Saint-Denis), reportage

Les barres de béton de la cité Lénine, patrimoine architectural d’Aubervilliers des années 70 s’élèvent verticalement. À leur ombre, les moutons paissent, le museau dans l’herbe grasse, indifférents à cet horizon limité. Non loin, assis sur un muret de pierre, leurs deux gardiens les surveillent. Bâtons traditionnels en main, chaussures de marche aux pieds et sac sur le dos, Guillaume Leterrier et Julie Lou Dubreuilh sont les deux créateurs de Bergers urbains, et ont la gueule de l’emploi. Se revendiquant « sans terre, itinérants », ils ne cherchent pas de terrains. « On ajoute une couche supplémentaire d’usage dans la ville mais sans privatiser. On ne veut pas enlever des espaces verts là où il n’y en n’a déjà pas beaucoup », précise Guillaume Leterrier.

À l’aide de puissants cris roulés, ils rassemblent leurs bêtes, les dirigent vers un parking puis s’engouffrent dans une avenue. La petite troupe trottine en file sur le trottoir, provoquant sur son passage réactions enjouées et cris d’étonnement. Les conducteurs s’arrêtent volontiers, les piétons sortent le smartphone pour les photographier. « Quand on veut les faire boire, on demande au bar, on n’a jamais de mal à en trouver un qui accepte de nous sortir quelques seaux », raconte Guillaume Leterrier.

Guillaume Leterrier et Julie Lou Dubreuilh, les deux créateurs de Bergers urbains.

Barrières à contourner, murets à sauter, rues à traverser : le troupeau poursuit son parcours d’obstacles. Il s’arrête dans un parc de jeu au pied des barres. Celui-ci est plein d’enfants en cette fin d’après-midi, ravis d’être recrutés pour orienter le troupeau vers la bonne route. Le temps de la pause, Julie Lou Dubreuilh répond aux questions qui fusent. L’un s’inquiète que les bêtes soient éloignées de la campagne. « Ils sont nés en ville, ce sont des moutons urbains », indique-t-elle. Un autre se demande pourquoi ils ont l’air de mâcher alors qu’ils ne croquent pas d’herbe. « Là, ils ruminent. »

Suite…

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