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« Marché d’intérêt local »

by ApliCom

Posted on mai 20, 2019 at 04:43

Dans le Perche, un terreau fertile à l’éclosion des alternatives paysannes

Dans le Perche, un terreau fertile à l'éclosion des alternatives paysannes

« Marché d’intérêt local », coopérative de paysans, boutique collective… Dans le Perche, le petit monde du bio et des pratiques alternatives est très actif. Reportage en deux volets.

Les Percheronnes et les Percherons ne dédaignent pas entendre les louanges dédiées à leur territoire, énoncées à la manière d’un guide touristique : dans un environnement préservé, situé à moins de 150 km de Paris, le Perche offre au regard du promeneur curieux un paysage vallonné où le bocage et les forêts domaniales s’apprécient au même titre que les parcs et jardins, les manoirs, sans oublier l’emblématique cheval percheron.

Mais parmi eux, certains n’hésitent plus à souligner l’impérieuse nécessité de préserver le vivant qui n’est pas, à leurs yeux, qu’un séduisant décor. À tel point que ce n’est plus la beauté de la carte postale qui leur importe mais la volonté farouche de « vivre et travailler au pays » en s’efforçant de ne plus le saccager et de retisser des liens sociaux au cœur d’une campagne qui, comme bien d’autres, se désertifie.

Après une expérimentation au sein du Parc naturel régional du Perche, une coopérative a été créée pour aider les jeunes agriculteurs à s’installer.

Gilberte Moreau et Jean Bouthry sont retraités. Elle était pharmacienne, il était paysan adepte du bio. Elle milite aujourd’hui au sein de Perche avenir environnement, association rattachée à France nature environnement Normandie. Il apporte son soutien à Terre de liens et contribue localement au dynamisme de la Confédération paysanne. Gilberte et Jean avaient décidé, en ce printemps sec et frais, lors d’une soirée conviviale, de réunir le petit monde du bio et des pratiques alternatives, très actif du côté de Saint-Cyr-la-Rosière, Préaux-du-Perche, Saint-Hilaire-sur-Erre, Nocé, Bretoncelles ou encore Vaupillon et La Loupe.

« Manger est un acte politique, il est important de diffuser largement les produits bio »

Ce soir-là, Marie Odile et Roland Ouy faisaient figure de précurseurs. Installés en 1981 à Nocé sur une trentaine d’hectares, à la ferme La Chevrolière, ils pratiquent l’élevage bio de vaches laitières, accompagné d’une transformation sur place, après s’être détournés de leurs activités initiales, la mécanique automobile et l’enseignement. « Notre engagement était politique. Devant la misère et à la pauvreté d’une grande partie de l’humanité, nous voulions changer la face du monde », dit Roland Ouy. Avant d’ajouter, dépité : « Il faut bien admettre que quarante ans plus tard les choses n’ont pas beaucoup changé ! » Ils reconnaissent néanmoins qu’il y avait déjà, à l’époque, une demande de produits bio et que grâce à un réseau d’amis, à la solidarité, le projet d’une boutique vit le jour à La Loupe. Leurs produits s’y écoulaient en complément de la vente directe à la ferme.

Suite…

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